Papa, maman ? Je suis homo ! Faire son coming out

| 21 août 2012 | 4 commentaires
annoncer à la famille qu'on est homo

Annoncer aux parents qu’on est gay ou lesbienne, une affaire complexe, un silence pesant…

Le silence, les craintes, les interrogations, la peur… pas simple d’annoncer à ses parents son homosexualité. Sortir de l’ombre et dévoiler au grand jour son orientation est une situation très délicate. Chaque individu réagit différemment selon son entourage, les convictions de tous, le contexte religieux, les régions et/ou les pays, les traditions, mais aussi, sa sexualité (gay ou lesbienne). Certains réussiront de façon étonnante, d’autres rencontreront des problèmes, mais les conséquences seront importantes si l’homophobie prend place à l’amour, surtout si l’individu possède des liens puissants et vise des espérances familiales futures et longues.

Tout d’abord, comme énoncé précédemment, chaque personne est unique, chaque famille vivra cette annonce à sa façon, et selon plusieurs facteurs, les réactions pourront être diverses. Il n’est donc pas simple de faire le premier pas et loin d’être évident de trouver le courage de sortir de ce silence pesant, ennuyant et pouvant être à la longue, dévastatrice. Nous allons commencer par le commencement, c’est-à-dire l’individu, car c’est bien lui le principal.

Vous êtes gay, peut-être lesbienne ? Vous avez envie de le dire au monde entier ? Du moins, aux parents en priorité, c’est déjà un bon début :-) La première solution consisterait à vous analyser. Où en êtes-vous de votre image et estime de vous ? Acceptez-vous votre homosexualité ? La chose la plus importante serait — à mon avis — l’acceptation de soi. Une étape qui peut faire sourire, pourtant, elle est loin d’être évidente ! Pourquoi aller annoncer aux autres ce que vous n’acceptez pas encore (ou difficilement dirons-nous…)

La seconde est l’âge, un élément pouvant influencer les comportements de chacun. Par exemple, annoncer son homosexualité à ses parents alors que vous venez à peine de titiller les 13 années de votre existence pourrait être peu crédible… Vous pensez certainement que cela n’a pas d’importance ? Un exemple : si vous vous acceptez tel que vous êtes, si vous avez la majorité et enfin, si vos parents venaient à ne pas tolérer votre orientation,  j’en viendrais alors à un point mentionné plus tard, c’est-à-dire votre droit d’exercer votre liberté à faire ce que vous désirez. En d’autres termes, peu importe qu’ils soient d’accord ou non, passé la majorité, vous serez libre de vivre comme bon vous semble, dans la mesure où vos parents n’auront pas le droit d’exiger une orientation à vos convictions. Si ces faits sont mentionnés, c’est pour faire taire les propos de type : « tu as le droit d’être comme tu le désires ! » Très belles paroles difficilement applicables quand on est adolescent. C’est sans compter les divergences d’opinions actuelles concernant la difficulté des ados à trouver leur identité. Effectivement, pour vous éviter le désagrément de type « tu te cherches, tu es trop jeune pour savoir ce que tu veux… », il vaut mieux préférer la patience… tout va dépendre du contexte et de différents facteurs, bien entendu. Enfin, il est toujours plus facile avec la maturité (maturité légale, dirons-nous…) d’annoncer les choses quand on a de la « bouteille ». Vos propos seront plus respectés (hum…), plus réfléchis (aie !), et théoriquement plus posés (pas certain…) Au minimum, vous aurez plus d’assurance et les excuses d’identité ne seront pas utilisées. Enfin, pour finir sur ce point, il existera une sorte de « pression psychologique » sur les parents, sachant pertinemment que vous aurez le droit d’agir comme bon vous semble, ils auront probablement une analyse plus évoluée. Même si l’instant X se veut « très chaud », ils y réfléchiront à deux fois, maintenant ou après… En conclusion, l’âge peut aider, mais n’est pas synonyme de réussite et d’entente familiale ! La majorité n’est pas non plus LA solution à tous les problèmes, surtout si vous habitez encore chez vos parents, et surtout si vous souhaitez que vos relations perdurent dans les cas où ils refuseraient cette orientation… Attention ! Ce n’est pas parce que vous n’avez pas la majorité que cela devient totalement impossible ! Mes propos vont dans le sens de faciliter la démarche, donc, cet élément cité doit être considéré. Tout dépendra alors de votre assurance, votre acceptation et la force de votre volonté et/ou conviction et plusieurs autres facteurs…

La troisième étape consistera à analyser le contexte dans lequel vous évoluez, c’est-à-dire votre environnement, votre famille, vos relations, votre entourage… Est-ce un lieu où l’homophobie est présente ? Même s’il ne s’agit que d’un seul individu, il faudra bien y réfléchir, car un seul être peut venir « pimenter » l’avancée de vos projets. Il faut vous poser les bonnes questions et faire preuve de réflexion. Vous êtes dans un village « coincé » ? Vos voisins discutent-ils souvent de ce sujet avec vos parents, et sur quel « ton » ? Vos frères et sœurs, comment agissent-ils ? Quelle est la température verbale de vos parents concernant les homos ? Bref, il vous faut prendre votre temps et faire un petit check-up rapide. N’allez pas annoncer à vos parents que vous êtes gay ou lesbienne, alors que papa et/ou maman ne cessent de traiter les gays de « pédés » et les lesbiennes de « gouines ». Ce n’est pas forcément une fatalité, mais il faudra alors aller plus loin dans l’observation des parents. Effectivement, il peut s’agir de propos innocents, même si cela est désagréable et mérite une petite mise au point. Un autre point concerne les croyances et convictions profondes, car si vous êtes dans un milieu particulièrement porté sur la religion (par exemple), cela peut s’avérer on ne peut plus dur d’annoncer « la chose ». En conclusion, l’environnement est très important, et c’est bien pour cette raison que j’annonçais le fait de l’individualité des cas. Chaque personne va vivre la situation de façon complètement différente.

Quelques conseils pour faire son coming out :

— Tout d’abord, les trois étapes sont à prendre en considération.

Ces trois étapes peuvent vous aider à réussir, et surtout vous permettront de vous changer les idées en apposant le problème de façon « stratégique ». Un bon moyen de diminuer ou faire cesser la peur grandissante, car votre esprit sera occupé autrement. Ils vous éviteront des surprises et/ou erreurs, et seront le pilier de vos futures actions.

— Faites preuve de tolérance, tout comme vous l’espérez de vos parents.

N’allez pas le prendre mal en observant la mauvaise réaction de vos parents, ce serait un comble ! Mettez-vous dans la peau d’un père ou d’une mère ayant des espérances diverses en vous. La tolérance doit être réciproque.

— Laissez le temps au temps.

Prenez de la distance, observez et analysez et ne vous focalisez pas sur leurs éventuelles réactions. Agissez paisiblement et en fonction des éléments. Rien ne presse ! Ce n’est pas en précipitant les choses que vous allez réussir.

— Faites-le au bon moment.

Annoncer à ses parents son homosexualité doit se faire au moment opportun. Évitez l’annonce après une dure journée de travail… la réaction des parents pourrait bien être plutôt négative. Préférez un moment où l’ambiance est décontractée et chaleureuse.

— Annonce « stratégique »

Annoncez-le à une seule personne *, et optez pour celle qui vous semble la plus tolérante, la plus ouverte d’esprit. Elle pourrait devenir votre alliée, et même, se débrouiller de façon à l’annoncer à votre place. Conseil très utile dans le cas de l’adolescence, par exemple…

* Pour éviter le principe de report de la faute sur l’autre, et donc, la naissance d’un conflit parental, ne favorisant pas le dialogue. Les deux mentalités opposées et confrontées à « leur éventuelle erreur » ne seraient pas forcément la meilleure stratégie. Mentionné « erreur », car les parents ont souvent tendance à se focaliser sur une possible et éventuelle erreur de leur part et se considèrent responsables de vos erreurs (dans votre cas, votre orientation…)

— Considérez le facteur de l’âge des parents.

Selon l’époque dans laquelle ils ont évolué, les mentalités diffèrent. Un couple jeune aura tendance à être plus ouvert, même si ce fait n’est pas établi concrètement, c’est un facteur à prendre en considération. Bien entendu, des parents plus âgés possèdent parfois une ouverture d’esprit plus large que celle des jeunes. Cela revient au même que l’analyse de l’environnement, le contexte… (troisième étape).

— Évitez, si possible, l’annonce dans un cadre malsain, dans la mesure où vous êtes mineur.

Si dans votre milieu familial (famille, relations très proches, voisinage très proche…) existe une simple petite trace d’homophobie, je vous conseille vivement d’attendre ! Les rumeurs, les mesquineries, la méchanceté gratuite, les intérêts personnels… peuvent ne pas du tout vous aider et vous faire vivre une adolescence difficile. Comme je le disais, laissez vous du temps, rien ne presse ! Il sera plus facile, quand vous aurez un appartement (ou la possibilité d’en avoir un), de le dire ouvertement. Effectivement, ces possibles « diableries » seront moins « oppressantes » dans un cadre de vie indépendant. Un exemple concret de mesquinerie ? Un frère, une sœur, une relation peuvent très bien aller « baver » au cœur de votre réseau (à école, à des connaissances…), ce qui ne sera pas évident pour vous, dans le cas où vous ne souhaitiez pas que cela se sache. À moins de posséder des alliés, il faut préférer la patience, sauf si vous avez le courage et la volonté d’assumer.

— Acceptez-vous, sinon, rien ne sert de l’annoncer !

Un peu radical, certes… mais, si vous souhaitez que les gens vous acceptent, il faut d’abord vous accepter. Si vous n’y arrivez pas, des gens peuvent certainement vous aider ou vous guider. Tout se complique quand on est ado gay ou ado lesbienne, puisque si vos parents ne sont pas au courant, il sera difficile de trouver des personnes compétentes dans ce domaine sans l’accord parental.  Il restera alors les connaissances, relations amicales… mais, comme il était mentionné, cela reste risqué ! Autant attendre, et suivre le conseil sur le fait de laisser du temps au temps, patientez un peu et attendez le moment propice de la maturité.

Les façons d’avouer son homosexualité :

Hors de question de faire un cours là dessus, d’autant que d’autres sites en parlent très bien. Différentes façons plus ou moins amusantes, imaginatives ou constructives existent. Il suffit de taper sur Google la phrase « annoncer qu’on est gay ». Vous aurez quelques propositions parfois étonnantes ;)

Conclusion :

Quoiqu’il arrive, peu importe votre situation, vous devez vous accepter et être fier de votre orientation homosexuelle qui est tout à fait légitime. Prenez votre temps, faites preuve d’imagination et de réflexion et ne vous focalisez pas sur les réactions, mais sur la réussite. Le regard des autres n’a pas d’importance, les réactions non plus ! Seul, votre bonheur compte ! Si vos parents n’acceptent pas, n’en faites pas un drame, laissez filer le temps, et quoiqu’il se passe, votre vie vous appartient, à vous et à vous seul ! Il sera plus facile pour vous que la tolérance soit de la partie, mais si elle n’est pas présente, tant pis ! Vivez pleinement votre orientation !

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A propos de l'auteur ()

Je suis un jeune développeur web & référenceur passionné par le monde du web. En 2006, j'ai crée TonGay.com, un site de rencontre gay entièrement gratuit pour permettre à la communauté LGBT (gay, lesbienne, bi et trans) de pouvoir discuter et se rencontrer en toute liberté. Aujourd'hui, je vous propose ce nouveau blog pour vous informer et vous conseiller en abordant l'actualité gay, en publiant les témoignages des membres du site et en rédigeant des articles sur les sujets qui vous intéressent.

Commentaires (4)

  1. joe59 dit :

    Très bel article !

  2. Ptitcoco974 dit :

    « Avouer » son homosexualité comme si il y avait une culpabilité!!
    Ne serait-ce pas mieux de l’annoncer plutôt?

  3. Je pense qu’il faut le dire quand c’est nécessaire…A un moment les doutes deviennent persistants, un malaise peut se créer avec l’entourage, les parents..

    Ce n’est ni une maladie, ni une honte, donc à partir de ce moment là, le dire ou ne pas le dire est tout ce qu’il y a de plus normal.

    Si vos parents sont réticents à cette idée, il vous suffira de choisir un moment ou ils ne sont pas occupés et à leur dire, le plus simplement du monde, et en les rassurant.

  4. Bertrand dit :

    Excellent article malgré que le sujet reste toujours tabou. Merci

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